VERS LA CRÉATION D’UNE SOCIÉTÉ SAVANTE DE HERPÉTOLOGIE AU CONGO.

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BRAZZAVILLE, 23 DECEMBRE- Le ministre de la Recherche Scientifique et de l’Innovation Technologique, M. Martin Parfait Aimé Coussoud-Mavoungou a sollicité, le 21 décembre à Brazzaville, le concours du Muséum d’Histoire Naturelle de Paris, pour la création prochaine d’une société de l’herpétologie en République du Congo.

L’idée de création de cette société a été évoquée lors de l’audience que le ministre Coussoud-Mavoungou a accordée à Mme Anne Marie Ohler, professeur titulaire de cette institution, venue au Congo pour contribuer à la soutenance de thèse sur “l’écologie du serpent” de M. Ange Ghislain Zassi-Boulou, premier herpétologue congolais.

Le ministre a manifesté la volonté du Gouvernement à fin que   l’Institut National de Recherche en Sciences Exactes et Naturelles (IRSEN) et le Muséum  d’Histoire Naturelle de Paris s’accordent pour un partenariat particulier, finalisé et officielle, en dehors de celui existant au niveau universitaire, pour la mise en place de ce dispositif.

“ Les instructions reçues du Président de la République sont de faire que l’herpétologie, les sciences exactes et naturelles puissent contribuer au bien-être du congolais”, a dit le ministre Coussoud-Mavoungou.

Le ministre a promis y veiller véritablement pour la mise en place de cette société au premier trimestre 2020 et instruit l’IRSEN pour que cette matière importante, l’herpétologie, soit connue et intéresse les plus jeunes car, elle fait partie de la vie de tout le jour.

Pour sa part, Mme Ohler a rassuré le ministre de la faisabilité du projet, expliquant que le Muséum d’Histoire Naturelle de Paris offre des formations spécifiques dans les domaines variés au niveau du master et de la thèse.

“Le Muséum peut avoir des accords avec d’autres institutions pour l’accueil des étudiants des pays africains dans le cadre de la recherche scientifique”, a-t- elle dit.

 Elle s’est engagée à appuyer cette action avec des personnes formées, y intégrer les écoles, les collèges et les lycées, pour les inventaires biologiques et la création d’une plateforme numérique et faire que l’herpétologie soit acceptée dans les villages, dans la société.

La délégation de l’IRSEN était conduite par M. Goma-Tchimbakala, Maître de conférences et directeur scientifique, M. Zassi-Boulou directeur de la communication et des systèmes d’information, chef de l’unité de recherche sur les resources herpétologiques qui a obtenu, le 20 décembre dernier, son doctorat en herpétologie avec mention très honorable et félicitations des membres du jury et de Mme Lyse Mavoungou, doctorante chercheuse en herpétologie.

L’herpétologie est l’étude des reptiles et des amphibiens. Suivant la classification phylogénétique on ne peut pas mélanger les reptiles et les amphibiens pour les étudier ensemble. Mais ils sont tous les deux liés par un lien d’alimentation. L’aliment par excellence du reptile c’est l’amphibien (grenouille, crapaud…).

Entendant par reptiles, les tortues, les crocodiles, les serpents, les lézards, en bref tout ce qui rampe.

 Ces activités humaines mettent souvent l’homme en contact permanent avec la nature et par conséquent exposant ce dernier aux animaux venimeux dont les serpents provoquant ainsi des accidents dramatiques. Ces accidents et leurs effets collatéraux sont souvent mestimés à cause de la non maîtrise des données épidémiologiques dans les pays en développement.

En 2017, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a finalement classé la morsure de serpents comme étant l’une des Maladies Tropicales Négligées (MTN). L’OMS estime qu’environ 5 millions de morsures de serpents et de piqûres d’insectes sont enregistrées chaque année pour mille à six mille voire plus de cas de décès et/ou de mitulés.

En Afrique Subsaérienne, on dénombre environ cinq cent mille cas de morsures et/ou de piqûres d’insectes par année pour près de 20 mille cas de décès et/ou de mitulés.

Au Congo, le manque des données épidémiologiques ne permet pas d’apprécier le taux de mortalité lié aux envenimations. Toutefois, près de 20% d’espèces de serpents venimeux seraient à l’origine des envenimations.

La forte incidence des envenimations constitue en Afrique Subsaharienne un réel problème de santé publique et les remèdes pour y faire face sont quasiment inexistants surtout au Congo.

C’est dans ce contexte qu’il est nécessaire et impérieux de penser à la création de la société savante congolaise d’herpétologie.