MOT DE LA DIRECTRICE RÉGIONALE DE L’OMS DÉLIVRE PAR LE REPRÉSENTANT DE L’OMS AU CONGO, LE DOCTEUR LUCIEN ALEXIS MANGA A L’OCCASION DE LA CEREMONIE D’OUVERTURE DU COLLOQUE INTERNATIONAL COPED SUR LA CHIMIE FACE AUX DÉFIS SANITAIRES ET ENVIRONNEMENTAUX EN AFRIQUE.

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  • Monsieur le Ministre d’État, Ministre de l’Économie de l’Industrie et du Portefeuille public  ;
  • Monsieur le Ministre de la Recherche Scientifique et de l’Innovation Technologique ;
  • Monsieur le Directeur de Programme « Assurance Qualité et Thématique de Recherche représentant Monsieur le Secrétaire Général du CAMES ;
  • Monsieur le Recteur de l’Université Marien NGOUABI ;
  • Monsieur le Président de l’Académie Nationale des Sciences et Techniques du Congo ;
  • Monsieur le Président du Comité Pays en développement (COPED) de l’Académie des Sciences, institut de France ;
  • Monsieur le Président du Comité de pilotage, Président de l’Association Chimistes Sans Frontières ;
  • Madame la Présidente du Comité Scientifique ;
  • Monsieur Secrétaire Permanent de la SOCACGL, Président du Comité d’Organisation du Colloque ;
  • Monsieur le Délégué Général à la Recherche Scientifique et Technologique ;
  • Monsieur le Recteur de l’Université Marien NGOUABI ;
  • Monsieur le Directeur Général de l’Innovation Technologique ;
  • Messieurs les Vice-Recteurs de l’Université Marien NGOUABI ;
  • Messieurs les Directeurs Généraux des Instituts et Centres de Recherche ;
  • Monsieur le Représentant du Secrétaire Général du CAMES ;
  • Honorables Conférenciers ;
  • Chers collègues représentants des agents du Système des Nations Unies ;
  • Mesdames et Messieurs les Chercheurs et enseignants–Chercheurs ;
  • Mesdames et Messieurs les Représentants de la société civile ;
  • Chers Etudiants ;
  • Chers amis des médias ;
  • Distingués invités en vos rangs et grades, toute préséance respectée ;
  • Mesdames et Messieurs,

Je voudrais avant tout propos vous transmettre toutes les excuses du Dr MOETI MATSHIDISO, Directrice Régionale Afrique pour l’OMS, qui n’a pas pu se joindre à nous aujourd’hui, en raison d’engagements antérieurs. Toutefois, elle m’a demandé de vous livrer ses salutations et de vous lire son allocution à la cérémonie d’ouverture de ces assises.

Je cite

Je voudrais très sincèrement remercier le Comité Pays en développement (COPED) de l’Académie des Sciences d’avoir pris l’initiative d’organiser ici au Congo, cet important colloque international dont le thème choisi : » La chimie face aux défis sanitaires et environnementaux en Afrique », est très opportun et pertinent pour les pays de la région africaine de l’OMS.

En effet, comme vous le savez, nos pays connaissent une transition épidémiologique dans laquelle un fardeau de plus en plus important de maladies chroniques vient s’ajouter au poids déjà insupportable des maladies transmissibles.

Il est donc indispensable pour les pays africains d’adopter des approches holistiques pour faire face aux déterminants environnementaux  de la santé dont l’impact souvent négatif participe de la transition épidémiologique dont je viens de parler.

Il est reconnu que les substances chimiques industrielles et leurs dérivés sont d’un apport essentiel au développement social et économique des pays. Leur usage en santé publique a permis d’accomplir des bonds dans les progrès sanitaires que les peuples ont réalisés à travers le monde.

Cependant, il faut aussi reconnaître que leur production, leur transport, leur distribution ainsi que leur utilisation sont accompagnés de la libération dans l’environnement de nombreuses substances toxiques, qui ont un effet ravageur sur l’environnement et la santé.

Ceci est particulièrement vrai dans les pays africains où l’arsenal législatif et règlementaire est bien souvent faible et inadapté et où, même lorsqu’il existe, son application se fait de manière inefficace.

Nous l’OMS estimons qu’en 2016 près de 1,6 million de personne ont perdu la vie en raison de l’exposition à certaines substances chimiques, notamment les pesticides, l’amiante, divers produits chimiques domestiques et professionnels, la pollution atmosphérique ambiante et domestique, la fumée du tabac, le plomb et l’arsenic entre autre.

Les intoxications non intentionnelles ont causé 106 683 décès dans le monde, dont 27 769 dans la région Africaine. L’utilisation abusive de pesticides par auto-intoxication provoque environ 7800 décès par an et environ 20% de suicides, en Afrique. Les enfants, les femmes et les personnes âgées sont relativement vulnérables aux risques d’exposition et d’empoisonnement.

Comparée aux autres régions, l’Afrique porte le fardeau de maladies le plus lourd pour 100 000 maladies liées à l’usage du mercure dans le secteur de l’orpaillage et d’exploitation minière artisanale et à petite échelle.

Distingués invités ;

Mesdames et Messieurs ;

La gestion rationnelle des produits chimiques demeure donc incontournable pour protéger la santé publique et réaliser le développement durable dont Afrique a besoin. L’intégration effective des considérations de santé et d’environnement dans les stratégies de développement demeure fondamentale et essentielle.

Cependant, l’insuffisance des capacités de gestion rationnelle des produits chimiques aggrave encore les risques pour la santé publique en Afrique. A titre d’illustration, l’Afrique ne représente que 5% de la consommation mondiale de pesticides, mais accuse le plus grand nombre d’intoxications causées par les pesticides.

Le coût économique de l’inaction est également énorme. Les pertes liées aux intoxications par les pesticides en Afrique subsaharienne devraient atteindre environ 97 milliards USD d’ici 2020. Les avantages des approches préventives vont au-delà de la santé pour influer sur les mesures clés du bien-être. Il est estimé que, pour chaque dollar dépensé pour prévenir les intoxications, l’on économise 14 dollars sur les hospitalisations.

Distingués invités ;

Mesdames et Messieurs,

Bien que les pays de la région prennent d’importantes mesures, il reste encore de nombreux obstacles à surmonter pour renforcer les liens entre l’environnement et la santé en vue d’une gestion rationnelle des produits chimiques et des déchets dangereux.

Les cadres législatifs et politique de gestion des risques pour la santé publique liés aux produits chimiques dans la plupart des pays varient entre  faibles, inégaux et inexistants. En fait, seuls 38% des pays ont mis en place une législation et des cadres politiques exhaustifs pour prévenir les expositions aux produits chimiques dans la région ;

Les mécanismes de coordination des efforts conjoints dans les domaines de la santé et de l’environnement demeurent sous-développés et sous-financés ;

Les systèmes de surveillance de l’environnement et de la santé publique en cas d’incidents chimiques n’existent pas dans de nombreux pays et, s’ils le sont, ils sont souvent faibles ;

Seulement la moitié des pays de la région disposent de laboratoires de référence pour surveiller, détecter et confirmer les événements chimiques préoccupants pour la santé publique ;

Les capacités en ressources humaines restent également un défi paralysant.

En raison de ces défis, les pays ne seront pas en mesure d’atteindre leur objectif international convenu en 2002, qui est d’éliminer progressivement les effets néfastes des produits chimiques sur la santé et l’environnement à l’horizon 2020.

Sans efforts accrus, l’Afrique n’atteindra pas les objectifs en matière de gestion rationnelle des produits chimiques arrêtés parmi les objectifs de développement durable à l’horizon 2030. En l’absence d’une approche stratégique, les efforts actuels seront encore  compromis par les risques émergents associés aux produits chimiques.

Distingués invités ;

Mesdames et Messieurs,

Les produits chimiques restent un domaine de travail prioritaire pour l’OMS. Elle a adopté une approche globale axée sur le renforcement des liens entre l’environnement et la santé pour la gestion rationnelle des produits chimiques.

La troisième réunion interministérielle sur la santé et l’environnement en Afrique, qui s’est tenue récemment, souligne le nouvel élan des pays de la région. Les Etats membres ont adopté un plan d’action stratégique comprenant des priorités pour la gestion rationnelle des produits chimiques à l’horizon 2019-2029.

L’OMS a adopté une feuille de route pour renforcer la participation du secteur de la santé à l’Approche stratégique de la gestion internationale des produits chimiques. La feuille de route privilégie le renforcement des liens avec les associations universitaires et professionnelles ainsi que les  institutions afin de renforcer l’engagement et la connaissance des questions relatives à la gestion des produits chimiques. L’OMS a mis au point des modules de formation sur les produits chimiques et la santé publique.

Afin de renforcer la coopération entre pays, l’OMS a récemment lancé le Réseau africain de centres anti-poisons.

Distingués invités ;

Mesdames et Messieurs,

J’ai bon espoir que les délibérations de ce présent colloque apporteront une contribution significative aux efforts nationaux d’une gestion plus rationnelle et plus saine des produits chimiques. Je voudrais réaffirmer ici la disponibilité de l’Organisation Mondiale de la Santé, à accompagner les Etats Membres et les sociétés savantes dans notre noble mission commune à savoir : »Amener les peuples au niveau de santé le plus élevé possible ».

En souhaitant plein succès à ses assises, engageons-nous tous à servir notre continent au meilleur de notre capacité.

Je vous remercie

Fin de citation.