LA RESERVE DE BIOSPHERE DE DIMONIKA MENACEE DE DISPARITION.

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Pointe Noire, 16 Novembre – Le ministre de la recherche scientifique et de l’innovation technologique, M. Martin Parfait Aimé Coussoud-Mavoungou a constaté, le 14 novembre derniers, la déforestation sur près de 25 hectares et des excavations profondes liées à l’utilisation de détecteurs de métaux dans le cadre de l’orpaillage artisanal qui se déroule dans la réserve de biosphère de Dimonika, dans le district de Mvouti département du Kouilou.

Ce constat a été fait lors d’une visite technique à la station de recherche bioécologique et forestière et qui se trouve dans la zone de biosphère de Dimonika.

Il a ainsi visité les vergers à mascottes et les chantiers d’orpaillage artisanal pour un diagnostic de l’environnement forestier de cette biosphère.

Les orpailleurs congolais et surtout étrangers (RDC et Maliens) retranchés dans la zone aurifère de Voula ont perpétué l’utilisation des détecteurs des métaux, ce qui entraine un désastre écologique caractérisé par la destruction des cultures vivrières et des vergers fruitiers sans compter le retournement lithologique qui rend impropre le sol à l’agriculture et pose des problèmes de la réhabilitation des zones dégradées.

« Il en résulte une perte de la couverture végétale provoquant ainsi la destruction des habitats susceptibles d’abriter la diversité animale, exposant le sol à l’érosion et une forte turbidité des eaux », a fait remarquer le Dr Ange Zassi Boulou, chercheur herpétologiste à l’Institut national de Recherche en Sciences Exactes et Naturelles (IRSEN). Il est donc à prévoir que la vie aquatique, semi aquatique et même terrestre disparaisse et que l’eau ne soit plus propre aux usages courants de la population.

Face à cette destruction, la réaction de M. Jean Pierre Kampe, Dr en science biologique, spécialiste de l’écologie forestière à l’Institut de Recherche Forestière (IRF) et dont le thème de doctorat porte sur la réhabilitation des zones de forêts dégradées, a consisté à laisser faire la nature, encourager la régénérescence naturelle, laisser que tout ce qui est dissémination des graines, des boutures puissent se faire naturellement sans pourtant que l’homme n’intervienne.

« En raison de la taille de la trouée, de l’endroit déforesté, il serait difficile de vouloir entreprendre une action de réparation si l’on doit faire avec l’action de la recherche en plantant des arbres et il faudrait encore que l’on sache quels sont les espèces d’arbres qui s’adaptent dans les conditions où la terre a été retournée. Le délai pour avoir à nouveau une végétation à cet endroit est de 20-30 ans », a   fait savoir le Dr Kampe.

Les experts congolais qui ont accompagné le ministre de la recherche scientifique dans cette visite ont recommandé au Gouvernement, la nécessité de réglementer cet orpaillage artisanal en procédant au recensement des campements d’orpailleurs, d’identifier les différents intervenants sur le terrain où l’on note la présence de plusieurs sujets étrangers, ouest africain et RDC ; lesquels doivent être soumis à des contrôles réguliers des documents justifiants leur présence au Congo, interdire l’utilisation des motopompes et des détecteurs des métaux.

A l’avènement du projet Mayombe, il était question de détourner l’homme dans les aspects de dégradation qui lui était reproché en lui trouvant des activités alternatives visant à ne pas toujours avoir de l’emprise sur les ressources naturelles d’où la création des vergers à base de mascotte de safoutiers.

Informé de la dégradation de la réserve de biosphère, le sous préfet de Mvouti, M Joseph Ndedi, a pris une note interdisant l’orpaillage à base des détecteurs de métaux.

«  j’ai rencontré une résistance dans l’application de cette décision parce que c’est l’activité principale des populations de cette zone, il faudrait donc trouver des mesures d’accompagnement », a-t-il suggéré.

La réserve de biosphère de Dimonika, partie du massif forestier allant du Gabon au mayombe de la République Démocratique du Congo (RDC), est devenue depuis un certain temps, la source de grandes inquiétudes de la communauté scientifique internationale, notamment de l’UNESCO qui recommande une stratégie commune et coordonnée sur l’utilisation et la conservation des ressources de ce continuum.

Il a été noté la présence de M. Limbourg dans le domaine Vigoureux qui permet d’ en assurer la bonne garde.

Vigoureux, un belge venu s’installer dans le district de Mvouti à l’époque de la construction du chemin de fer et a organisé des activités sur l’orpaillage et la culture de la banane pour nourrir les ouvriers.

Le ministre Coussoud-Mavoungou, a appelé la population de Dimonika a prendre leur responsabilité, elle devra chasser tous les étrangères qui dévaste la réserve de biosphère et porter l’information aux autorités locales lesquelles prendront en dernier ressort d’autres mesures.

Il a aussi interpelé les agents des eaux et forêts installés à Dimonika d’appliquer et de faire appliquer la loi pour la préservation de la biosphère.

Il a été constaté aussi que le capitaine à la retraite Aimé Clément Kombo des eaux et forêts encourage le désordre dans le village en prélevant dans l’impunité des taxes aux orpailleurs étrangers avec une équipe des personnes armées d’armes de guerre se disant ne dépendre que son ministre. Le ministre Coussoud-Mavoungou l’a soumet de changer mais rendra compte à sa hiérarchie pour sa mutation.

La station de recherche forestière de Dimonika avait été créée en 1982 pour évaluer la pression de l’homme sur l’environnement et éventuellement proposer des solutions correctives par rapport à cette pression que l’homme exerce sur la nature. La réserve de biosphère de Dimonika avait été créée en 1988.