DISCOURS DU MINISTRE DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE ET DE L’INNOVATION TECHNOLOGIQUE A L’OCCASION DE LA CEREMONIE DE SIGNATURE DE L’ACCORD-CADRE DE COOPERATION SCIENTIFIQUE ENTRE LE MINISTÈRE DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE ET DE L’INNOVATION TECHNOLOGIQUE ET LE CENTRE DE COOPERATION INTERNATIONAL EN RECHERCHE AGRONOMIQUE POUR LE DEVELOPPEMENT (CIRAD).

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  • Monsieur le Ministre de l’Enseignement Supérieur ;
  • Madame la Ministre de l’Economie Forestière ;
  • Monsieur l’Ambassadeur Plénipotentiaire de la République Française auprès de la République du Congo et sa délégation ;
  • Messieurs les Conseillers à la Recherche Scientifique du Président de la République et du Premier Ministre, Chef du Gouvernement ;
  • Monsieur le Représentant du Ministre des Affaires Etrangères, de la Coopération et des Congolais de l’Etranger ;
  • Monsieur le Président Directeur Général du CIRAD et sa délégation ;
  • Monsieur le Directeur de l’Agence Française de Développement (AFD) ;
  • Monsieur le Délégué Général à la Recherche Scientifique et Technologique;
  • Messieurs les Directeurs Généraux des Instituts Nationaux et Privés de Recherche;
  • Messieurs les Directeurs des Centres et Structures d’Appui à la Recherche;
  • Distingués Invités ;
  • Mesdames et Messieurs.

J’aimerais avant tout propos vous remercier tous pour votre présence en ces lieux malgré une actualité nationale et internationale qui aurait pu vous indiquer une autre destination pour d’autres activités.

Il me semble bon de retenir que ce jour 15 janvier 2020, voit se lever une ère nouvelle sur les relations de coopération technique en matière de recherche scientifique entre la République du Congo et la République Française par le Centre de Coopération International en Recherche Agronomique pour le Développement (CIRAD) à travers l’Accord-Cadre que nous nous apprêtons à rendre effectif.

Et c’est l’occasion pour moi ici de saluer et de remercier Monsieur François BARATEAU, Ambassadeur de France en République du Congo qui,dans la continuité de l’Ambassadeur Bertrand COCHERY,œuvre à maintenir cette coopération au travers de ses nombreuses actions en faveur du développement de notre pays en général, et pour l’accroissement de la production scientifique innovatrice en particulier.

Par la même occasion j’aimerais exprimer mes remerciements tout particulièrement à Monsieur Michel EDDI, Président-Directeur Général du CIRAD et sa délégation, qui ont fait le déplacement de Brazzaville, un signe qui nous va droit au cœur et qui témoigne, s’il en est besoin, que nous sommes sur la bonne voie, depuis le contact renoué lors de mon séjour à Montpellier, du 18 au 19 avril 2019.

En effet, la signature de l’Accord-Cadre de coopération scientifique de ce matin, est le point culminant des échanges qui ont eu lieu depuis cette date, entre nos différentes structures, aussi bien à Montpellier en France qu’à Brazzaville en République du Congo.

Distingués Invités ;

Mesdames et Messieurs ;

Le présent Accord se situe dans le cadre du prolongement d’une tradition qui existe et qui a toujours existé avec le CIRAD ou tout au moins avec les organismes dont il a hérité les missions et qui nous a permis de remporter ensemble des victoires, sur le front de la recherche forestière.

En effet, que de chemin parcouru, depuis les premiers travaux de recherche franco-congolais entrepris dès 1927, dans la réserve forestière de Boukou N’situ au pied des contreforts occidentaux du Mayombe.

La mise au point au Congo, au début des années 70 du bouturage des hybrides d’Eucalyptus avec le Centre Technique Forestier Tropical (CTFT) (une première mondiale), est encore présente dans nos esprits.

Dans les années 90 et relativement plus proche de nous, les travaux de recherche en collaboration entre le CIRAD et le Centre de Recherche sur la Durabilité et la Productivité des Plantations Industrielles ont permis d’atteindre des niveaux d’excellence mondialement reconnus par les pairs et d’assurer la formation à part égale, de plus d’une trentaine de Docteurs, de plus d’une soixantaine de jeunes ingénieurs et/ou Masters, congolais et français ainsi que des chercheurs seniors internationalement reconnus.

Distingués Invités ;

Mesdames et Messieurs ;

Pour éviter de faire un sot dans l’inconnu, scrutons l’évocation de certains repères avec le CTFT/CIRAD :

  • l’introduction d’espèces forestières en savanes côtières dont 60 espèces introduites et testées dont les eucalyptus, les acacias et les pins.

L’histoire des eucalyptus n’est plus à conter mais nous disons que les résultats obtenus des acacias ont montré sa capacité de meilleure essence en termes d’enrichissement du sol en savane en apport d’azote ;

l’Institut de Recherche Forestière l’a mise en place à Odziba et à Bambou-Mingali ;

  • la mise au point de la technique de clonage par bouturage.

Première mondiale

Le Congo est visité par le monde entier et tous les pays ont copié la technique mise au point au Congo et développé des millions d’hectares de plantation. Les résultats des essais Acacia avaient montré une adaptation de deux espèces d’où la demande de Son Excellence Monsieur Denis SASSOU NGUESSOde lancer un programme de un million d’ha (PRONAR) depuis 2013-2014. Ce projet s’appui sur le matériel végétal (Acacia–Eucalyptus crée et géré par le CRDPI), d’où le lancement de la foresterie clonale.

  • le lancement de grands travaux de recherche sur les cycles biogéochimiques encore un classement mondial (Top Ten) ;
  • le début de très grands travaux d’écophysiologie (relation sol-plante à travers une Tour à flux.

Le Congo est le seul pays en Afrique a avoir posséder ce type de dispositif Ces dispositifs étaient financés par l’UE via le CIRAD.

Distingués Invités ;

Mesdames et Messieurs ;

Le Plan National de Développement adossé au Programme de société de Monsieur le Président de la République, Son Excellence Denis SASSOU N’GUESSO a prescrit à notre Département de contribuer de la manière la plus effective à la diversification de l’économie nationale.

C’est à ce titre que la renaissance de la coopération scientifique franco-congolaise que nous célébrons ce jour avec nos amis du CIRAD, par la signature du présent Accord, nous la souhaitons plus élargie pour englober les aspects d’agronomie et d’agroforesterie.

Ainsi, l’Institut National de Recherche Agronomique est en droit d’en attendre une coopération soutenue en matière de phytopathologie et tout spécialement les maladies du bananier.

L’accord devrait aussi soutenir les programmes de foresterie et agroforestier de l’Institut National de Recherche Forestière  et du Centre de Recherche sur la Durabilité et la Productivité des Plantations Industrielles portant sur la valorisation de la biodiversité en général et singulièrement l’évolution des massifs forestiers naturels et ceux plantés d’Eucalyptus, l’amélioration des rendements café, cacao et autres féculents (manioc, riz, haricot, etc.).

L’Accord prend en charge la transformation desdits produits qui affecte une valeur ajoutée utile au développement de notre pays.

Cet accord, prend enfin en charge, les questions de santé humaine et animale pour le bien-être de la population et confortera l’action de terrain de l’Institut National de Recherche en Sciences de la Santé et de l’Institut National de Recherche en Sciences Exactes et Naturelles et ce ne sont là que des exemples parmi les activités attendues ou à programmer.

Distingués Invités ;

Mesdames et Messieurs ;

 Aucune action de développement ne peut se faire sans la recherche. Notre mission est de mettre la recherche au service du développement de notre pays car, quand on parle d’agro-pastoral et d’halieutique, mettons en avant la recherche agro-pastorale et halieutique, quand on parle d’agroforesterie et de foresterie, mettons en avant la recherche forestière et d’autres exemples sont légion.

La compréhension de cette acception trop simple fera du bien à notre pays sinon, nos ambitions seront vaines.

Un Sage avait dit :

« Lorsque l’on mène des combats en pensant à soi-même, on a plus de risques de finir dans la frustration que lorsque l’on se bat pour les autres, les générations futures ».

Et la tradition bantoue enseigne que le soleil n’oublie pas un visage parce qu’il est petit.

Distingués Invités ;

Mesdames et Messieurs ;

C’est donc un partenariat dont la mise en œuvre est appelé à impacter véritablement et de façon très positive la recherche-développement de proximité au Congo.

Et c’est ce à quoi le Président Denis SASSOU-NGUESSO nous a mobilisé pour être prêt à créer les conditions idoines pour la mise en œuvre de tout ce qui sera arrêté dans cet Accord.

Je vous remercie.