DISCOURS DE OUEDRAOGO ZEPHIRIN, RESPONSABLE DE LA SÉCURITÉ NUCLÉAIRE A LA DIVISION DE LA SÉCURITÉ NUCLÉAIRE (AIEA).

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  • Excellence Monsieur le Ministre de la Recherche Scientifique et de l’Innovation Technologique ;
  • Honorables Députés à l’Assemblée Nationale de la République du Congo ;
  • Chers Participants ;
  • Mesdames et Messieurs.

Bonjour, je m’appelle Zéphirin OUEDRAOGO, et je suis un Responsable de la sécurité nucléaire à la Division de la sécurité nucléaire de l’Agence international de l’énergie atomique (AIEA). Je suis Responsable de l’appui à l’élaboration et à la mise en œuvre du Plan intégré d’appui à la sécurité nucléaire (INSSP) du Congo. J’ai par ailleurs occupe les fonctions de Directeur Général de l’Autorité Nationale de Radioprotection, de Sûreté et de Sécurité nucléaires du Burkina Faso de 2006 0 2013.

Avant tout propos, permettez-moi d’abord au nom du Directeur de la Division de la sécurité nucléaire, vous dire à quel point nous sommes heureux de pouvoir vous rencontrer et de discuter de la sécurité nucléaire. Le Dr Raja Raja Adnan exprime son profond regret de ne pas avoir pu assister personnellement à cet atelier, mais il espère que vous le trouverez intéressant et utile.

Cet atelier très important a pour objectif de sensibiliser les hauts responsables et les parlementaires congolais et de leur faire mieux comprendre ce qu’est un régime national de sécurité nucléaire et les liens avec le cadre juridique international associé à la sécurité nucléaire.

Nous sommes extrêmement heureux de voir parmi les participants des décideurs, des experts techniques des autorités nationales compétentes, ainsi que la participation d’un parlementaire de la région. Je tiens à vous remercier sincèrement pour avoir appuyé l’organisation de cet important atelier.

Nous nous félicitons de l’initiative du gouvernement d’avoir bine voulu organiser cet atelier et de prendre toutes les dispositions nécessaires à son succès.

Afin de vous aider à mieux comprendre la problématique de la sécurité nucléaire, plusieurs experts dont j’ai l’honneur de vous introduire nous accompagne dans cette noble mission. Il s’agit de l’Honorable Député Monsieur Alagbe du Bénin, Monsieur Cherf Madji, experts juridique dans le domaine de la sûreté, sécurité nucléaire les garanties et de responsabilité civile, Monsieur Michel Warnau, Monsieur Douglas  Sweeney.

  • Excellence Monsieur le Ministre de la Recherche Scientifique et de l’Innovation Technologique ;
  • Honorables Députés à l’Assemblée Nationale de la République du Congo ;
  • Chers Participants ;
  • Mesdames et Messieurs.

 En Afrique, comme partout ailleurs dans le monde, les sciences et techniques nucléaires sont utilisées dans plusieurs domaines tells que l’agriculture, la recherche, l’industrie, la santé, les ressources en eau, les mines, la construction routière, l’environnement, l’auto-suffisance alimentaire, l’énergie et la sécurité, contribuant ainsi au développement durable des pays de la région. Cependant, ces applications se mènent dans un contexte international marqué par une prolifération des conflits, des activités criminelles et terroristes, affectant ainsi la sécurité mondiale.

Dans la situation mondiale actuelle, on ne peut exclure que des matières nucléaires ou autres matières radioactives puissant être utilisées à des fins criminelles ou utilisées délibérément de façon non autorisée.

En effet, chaque année, plusieurs incidents de vols et autres activités non autorisées impliquant des matières nucléaires et autres matières radioactives sont notifies à l’AIEA. Ces données attestent ainsi de la vulnérabilité de ces matières qui peuvent échapper au contrôle réglementaire et donc être potentiellement disponibles pour des actes de malveillance.

A titre illustratif, de 1993 à 2017, 3257 incidents impliquant des matières nucléaires et autres matières radioactives hors contrôle réglementaires ont été rapportés dans la base de données sur les incidents et le trafic (ITDB) de l’AIEA, pour diverses raisons. Environ 21% de ces incidents signalés ont été des matières perdues ou volées. Environ 58% de ces matières perdues volées n’ont pas été retrouvées.

Le risque que des matières nucléaires et autres matières radioactives soient utilisées à des fins malveillantes est considéré comme une grave menace pour la paix et la sécurité internationales. Un régime national de sécurité nucléaire efficace est essential pour faciliter l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire et renforcer les efforts mondiaux de lutte contre les actes de malveillance.

Comme vous le savez fort bien, la sécurité nucléaire est une responsabilité souveraine importante, mais comme dans le cas de la sureté, tout incident de sécurité nucléaire sur venant n’importe où pourrait avoir des conséquences négatives partout. Par conséquent, alors que la responsabilité de la sécurité nucléaire au sein d’un état incombe entièrement à cet Etat, il est largement reconnu que nous avons une responsabilité partagée à l’échelle mondiale. L’AIEA aide depuis de nombreuses années les Etats Membres, sur leur demande, à mettre en place des infrastructures de sécurité nucléaire efficaces et durables.

Cet atelier a pour but de fournir aux participants un aperçu du régime de sécurité nucléaire national, y compris du cadre juridique international, ainsi que de familiariser les décideurs et les parlementaires avec le programme de sécurité nucléaire de l’AIEA.

L’atelier vise à encourager la participation des décideurs et des parlementaires à la mise en place d’un régime de sécurité nucléaire efficace et durable en République du Congo.

Dans le but d’améliorer et de faciliter la coopération en matière de sécurité nucléaire et de l’assistance, l’AIEA établit, en étroite coopération avec les Etats des plans intégrés de sécurité nucléaire (INSSPs) afin de fournir une évaluation complète de leurs besoins en matière de sécurité nucléaire et de planifier les activités de sécurité nucléaire nécessaires pour répondre à de tels besoins. L’INSSP fournit également un cadre personnalisé pour la coordination et la mise en œuvre des activités de sécurité nucléaire de l’Etat concerné, de l’AIEA et des donateurs potentiels, afin d’optimiser les ressources et de fournir une assistance de la manière la plus efficace et la plus efficiente possible.

L’AIEA encourage le développement et la mise en œuvre continue des INSSP dans tous les Etats qui coopèrent avec et reçoivent l’assistance de l’Agence dans le domaine de la sécurité nucléaire.  A cet égard, des progrès considérables ont été réalisés, mais il reste encore beaucoup à faire. A ce jour, 109 Etat ont finalisé et officiellement approuvé leurs plans par pays. En Afrique,  47 INSSP, dont l’INSSP du Congo, ont été mis en place.

  • Excellence Monsieur le Ministre de la Recherche Scientifique et de l’Innovation Technologique ;
  • Honorables Députés à l’Assemblée Nationale de la République du Congo ;
  • Chers Participants ;
  • Mesdames et Messieurs.

 Un régime national de sécurité nucléaire approprié et efficace implique également l’adhésion aux instruments juridiques internationaux relatifs à la sécurité nucléaire et leur transposition dans la législation nationale.

Aussi voudrions-nous encourager votre pays a ratifié les instruments juridiques internationaux en matière de sécurité nucléaire dont singulièrement la Convention sur la Protection Physique des Matières Nucléaires (CPPMN) et son amendement.

A cet effet, le Congo a pris part à l’atelier Régional sur la promotion de l’universalisation de l’Amendement à la Convention sur la protection physique des matières nucléaires (CPPMN) tenu du 26 au 28 juin 2018 à Abidjan en Côte d’Ivoire.

Le Secrétariat est prêt à vous fournir toute assistance par le biais du INSSP ou par tout autre moyen jugé nécessaire faciliter les efforts de votre pays à cet égard.

Je vous souhaite à tous une réunion très fructueuse et productive.

Merci  de votre  attention.