ALLOCUTION DU MINISTRE DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE ET DE L’INNOVATION TECHNOLOGIQUE A LA CEREMONIE D’OUVERTURE DE L’ATELIER INTERNATIONAL SUR LES PHYTOMEDICAMENTS.

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  • Monsieur le Directeur de Cabinet;
  • Monsieur le Directeur Général de l’Institut National de Recherche en Sciences de la Santé;
  • Monsieur le Directeur de l’Institut de Recherche en Sciences de la Santé du Burkina Faso ;
  • Monsieur le Représentant de l’OMS au Congo ;
  • Monsieur le Directeur Général du Laboratoire National de Santé Publique ;
  • Monsieur le Délégué Général à la Recherche Scientifique et Technologique;
  • Monsieur le Directeur Général de l’Innovation Technologique ;
  • Monsieur le Recteur de l’Université Marien NGOUABI ;
  • Monsieur le Président de l’Association des Tradipraticiens du Congo ;
  • Monsieur le Directeur Général du CHU de Brazzaville ;
  • Messieurs les Directeurs Généraux des Instituts de Recherche et les Directeurs des Centres de Recherche ;
  • Madame et Messieurs les Directeurs des Hôpitaux de Makélékélé, Talangaï, Blanche Gomes et Central des Armées Pierre MOBENGO ;
  • Distingués Invités ;
  • Mesdames et Messieurs;

En ouvrant cette cérémonie consacrée à l’Atelier international sur les phytomédicaments, je suis dans un sentiment mitigé entre la joie et la douleur.

Joie pour la pérennisation de notre aptitude toujours très forte de parler et partager sur la problématique des phytomédicaments, hier en Décembre 2018 avec les Chercheurs, Enseignants-Chercheurs et Tradipraticiens du Congo et de l’Afrique Centrale à l’occasion des 1ères Editions Phyto Brazza et aujourd’hui avec les Chercheurs, Enseignants-Chercheurs et Tradipraticiens du Congo par l’Afrique Centrale et ceux du Burkina Faso par l’Afrique de l’Ouest.

Douleur par la perte d’un Chercheur qui a laissé son empreinte dans les couloirs de notre volonté d’œuvrer pour demain et qui aura marqué sa présence au Laboratoire National de Santé Publique, j’ai nommé le Professeur Henri Joseph MPARA, Lépidologue et Spécialisé en Sciences Biologiques pour qui, je demande qu’il lui soit consacré une minute de silence.

Mesdames et Messieurs ;

Aujourd’hui, nous avons une fois de plus rendez-vous sur le thème des Phytomédicaments dont l’importance ne peut plus être dissimulée.

Cependant, force est de louer que les réflexions que nous mènerons autour des phytomédicaments bénéficieront de l’apport inestimable d’une délégation de l’Institut de Recherche en Sciences de la Santé du Burkina Faso, conduite par son Directeur Général, Monsieur Sylvain OUEDRAOGO, Directeur de Recherche, qu’accompagnent Messieurs Félix KINI, Maître de Recherche et Salfo OUEDRAOGO, Pharmacien galéniste.

Toute cette vision commune africaine est rendue possible grâce aux efforts de rapprochement que prône Son Excellence Denis SASSOU NGUESSO, Président de la République,pour qui,la coopération intra-africaine est un levier à utiliser pour l’atteinte des objectifs communs en matière de recherche scientifique en général et dans le domaine de la recherche en sciences de la santé en particulier.

Nous saluons donc avec enthousiasme et encourageons vivement que l’accord de coopération signé entre les deux instituts de recherche en sciences de la santé de la République du Congo et du Burkina Faso fasse école et montre le chemin à d’autres.

Mesdames et Messieurs ;

Il est généralement admis que 95% des médicaments consommésen Afrique sont importés et que peu de nouvelles molécules innovantes ciblant des maladies qui affectent les pays tropicaux ont été mises sur le marché.

Un sage africain disait, je cite : « quel est notre étonnement toutes les fois que nous entendons dire : ‘’ Tel médicament manque’’ alors que la plupart du temps, ce médicament dont l’absence est déplorée est là dans la cour du dispensaire ou de l’hôpital ».

Mesdames et Messieurs et Chers Chercheurs, quelle interpellation ?Et qu’est-ce à dire ?

Aujourd’hui, fort est de constater que la production de phytomédicaments, issus notamment de la médecine traditionnelle doit constituer une piste sérieuse pour lutter contre les problèmes d’accessibilité et de disponibilité des médicaments en Afrique et en particulier pour les populations congolaises.

L’Organisation Mondiale de la Santé dont la présence est saluée,estime que près de 70% des populations africaines font recours à la médecine traditionnelle pour leurs besoins en soins de santé primaire. Les plantes médicinales représentent la plus grande source de substances naturelles utilisées par cette médecine.

Le Congo, notre pays regorge d’une flore riche et diversifiée estimée à environ 6500 espèces médicinales, dont à peine 10 à 15 % ont fait l’objet d’études pharmacologique, phytochimique et toxicologique pouvant conduire à la mise au point des phytomédicaments.

De ce fait, il y a là un grand axe de recherche en sciences de la santé, quasiment inexploité et pêle-mêle, j’entrevois quelques pistes :

  • la mise en place du cadre juridique et réglementaire et le renforcement du cadre institutionnel ;
  • le renforcement de la collaboration entre les praticiens de la médecine conventionnelle et ceux de la médecine traditionnelle ;
  • le renforcement des capacités de recherche ;
  • l’amélioration de l’offre scientifique à travers la réalisation des travaux de recherche sur la caractérisation, la domestication et la valorisation des plantes médicinales ;
  • le renforcement des capacités des ressources humaines ; et,le développement des mécanismes des droits de propriétés intellectuelles.

Mesdames et Messieurs ;

C’est autant de défis qui se dressent à notre communauté scientifique et auxquels il faut trouver des solutions. Le travail n’est pas aisé mais le Gouvernement reste à vos côtés et estime que les enjeux sont tels que tout devra être entrepris afin que l’on y arrive.

Il reste bien entendu que l’on ne peut faire tous les rêves en une nuit mais il est certain cependant que l’engagement de notre part à jouer notre rôle est constant.

Espérant que les différentes séances que vous avez programmées vont donner lieu à de vives discussions, probablement des thèses opposées voire des oxymores, car comme le dit le sage,je cite :« la conversation c’est comme une pirogue, si tout le monde se met du même côté, elle chavire », fin de citation.

En vous souhaitant ainsi pleins succès à vos travaux, je déclare ouvert l’atelier international sur les phytomédicaments.

Je vous remercie.