ALLOCUTION DE CIRCONSTANCE DE MONSIEUR LE REPRÉSENTANT DE L’OMS AU CONGO

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  • Monsieur le Ministre de la Recherche Scientifique et de l’Innovation Technologique ;
  • Monsieur le Délégué Général à la Recherche Scientifique ;
  • Monsieur le Directeur de l’Institut de Recherche en Sciences de la Santé de Ouagadougou ;
  • Mesdames et Messieurs en vos rang et grades respectés ;
  • Distingués invités ;
  • Mesdames et Messieurs;

C’est un réel plaisir pour moi de prendre la parole ce jour, à l’occasion de l’ouverture de cet atelier international sur les phytomédicaments.

Avant tout propos, permettez-moi Monsieur le Ministre de vous féliciter pour l’excellente initiative que vous avez prise d’organiser cet important atelier. Pour nous à l’Organisation mondiale de la santé, cet atelier revêt une très grande importance, au moment où nous popularisons la couverture santé universelle.

En effet, la couverture santé universelle, ne pourra être effective dans les pays africains tout particulièrement que si elle exploite judicieusement les connaissances et les ressources locales, dont les phytomédicaments.

Le Congo, de par son contexte biogéographique regorge d’un potentiel inestimable en matière de plantes médicinales. Les peuples autochtones ici ont développé une connaissance profonde de leur environnement. Ceci leur a permis d’identifier et d’exploiter les ressources médicinales des forêts pour assurer leur survie.

Avec un massif forestier couvrant les 65% du territoire et un herbier estimé à plus de 8000 espèces, le pays se doit de prendre avantage de cette riche pharmacopée. Le Congo montre donc à travers cet atelier, l’importance que son gouvernement accorde à la médecine traditionnelle.

Mesdames, Messieurs, Distingués invités,

Les plantes médicinales à efficacité et innocuité prouvées constituent une grande opportunité de développement de la production locale des médicaments. Elles constituent donc, une voie sans conteste pour l’amélioration de l’accès aux soins de santé notamment dans un contexte où les revenus des populations sont limités.

Les médicaments à base de plantes sont utilisés dans les soins de santé depuis les premiers jours de l’espèce humaine. Avec le développement de la chimie de synthèse, cette utilisation a connu un recul dans les pays industrialisés, jusqu’à la fin du siècle dernier.

Depuis on observe un regain d’intérêt pour les thérapies naturelles, en même temps qu’une utilisation en progression constante des plantes médicinales et des médicaments à base de plantes.

Dans la région africaine, l’OMS estime qu’environ 80 % des populations dépendent partiellement ou totalement des systèmes médicaux traditionnels pour satisfaire leurs besoins en soins de santé. C’est pourquoi, l’OMS considère que la médecine traditionnelle et donc l’utilisation des plantes médicinales comme une alternative de choix pour l’atteinte de la couverture santé universelle.

 Mesdames et Messieurs, distingués invités

Malgré l’utilisation séculaire de médicaments à base de plantes dans notre région, le nombre d’espèces ayant fait l’objet d’études pour d’éventuelles applications médicales reste relativement faible. Les données sur l’innocuité et l’efficacité ne sont disponibles pour un nombre encore plus restreint de ces plantes.

L’importance du présent atelier est donc évidente puisqu’au-delà du cadre d’échange d’expériences qu’il constitue, il permettra de  de renforcer les capacités des participants  à la recherche sur les plantes médicinales.

A l’Organisation mondiale de la santé, nous accordons une attention particulière au développement de la médecine traditionnelle. C’est pourquoi, nous encourageons les Etats membres à élaborer des stratégies nationales adossées sur la stratégie mondiale de la médecine traditionnelle. A titre d’illustration, pour la décennie 2014-2023, l’OMS recommande aux Etats membres d’organiser leurs activités autours les trois axes stratégiques suivants :

  • Le renforcement de la base de connaissances pour une gestion active de la médecine traditionnelle à travers la mise en oeuvre des politiques nationales appropriées, notamment pour comprendre et reconnaître le rôle et le potentiel de la médecine traditionnelle ;
  • Le renforcement de l’assurance-qualité, la sécurité, l’usage approprié et l’efficacité de la médecine traditionnelle, en réglementant les produits, pratiques et praticiens grâce à l’éducation et à la formation à la médecine traditionnelle, au développement des compétences, aux services et thérapies ;
  • La promotion de la couverture santé universelle, en intégrant de façon adéquate les services de médecine traditionnelle dans la prestation des services de santé et l’auto-prise en charge sanitaire, en capitalisant sur leur contribution potentielle à l’amélioration des services de santé et des résultats sanitaires, et en donnant aux utilisateurs les moyens de faire des choix éclairés concernant l’auto-prise en charge sanitaire.

Mesdames et Messieurs, Distingués invités

Je formule le vœu qu’au sortir de ces assises, une plateforme soit mise en place, avec pour objectif d’identifier une série de plantes médicinales à potentiel thérapeutique avéré, confirmé par différents travaux de recherche, pour servir d’amorce au développement de médicaments qui intègreront la liste nationale des médicaments essentiels.

Je vous remercie pour votre attention.